L'Etat et le nucléaire

Alors que le recul de l’énergie nucléaire se dessine clairement à travers le monde et que le gouvernement belge prépare la sortie progressive de cette énergie du passé, le secteur nucléaire lançait fin 2011 une grande campagne de séduction.

En soi, il est normal qu’une industrie cherche à se promouvoir. Nous sommes par contre en droit de nous interroger sur la participation active d’organismes gouvernementaux  au Forum Nucléaire.

Déjà en 2009, Paul Magnette, alors ministre de l'Énergie, déclarait devant le Parlement fédéral  que là n'était pas le rôle des institutions publiques.
Belgoprocess, chargée entre autres du traitement des déchets nucléaires, avait alors arrêté sa participation au Forum.
A contrario, les institutions IRE et CEN (recherches sur les applications médicales, les déchets et la sécurité nucléaire) ne se sont jamais retirées.

En outre, Synatom, le gestionnaire du fonds pour le démantèlement de nos centrales nucléaires, est aussi actif dans le Forum Nucléaire.
Cette tirelire est financée via notre facture d’électricité. Il est évident que la mission de Synatom n’est pas non plus de promouvoir l’énergie nucléaire, et ce, alors que le gouvernement a décidé de fermer progressivement ses centrales.


Au final, nous demandons aux institutions publiques de s’aligner sur la décision du gouvernement de sortir du nucléaire et de se retirer du Forum Nucléaire. De même, les recherches sur l’atome doivent prendre une place décroissante dans le budget général de l'Etat fédéral à la faveur des investissements nécessaires à une transition énergétique durable.